Aspects sociaux

La sociabilité du quartier Nkolbikok s’observe sur une double dimension. Ces dernières font référence à la cohésion sociale entre les différentes composantes du quartier, et à la participation citoyenne des populations. Par ailleurs, la prise en compte effective des besoins des populations transite par la mise en œuvre d’un système de développement participatif: le Comité de Résident.

      1. Le climat social au quartier Nkolbikok

Les populations du quartier Nkolbikok vivent en harmonie avec leur cadre de vie. Selon les différentes zones du quartier, ces populations entretiennent des interactions en tant qu’habitants du quartier. A Nkolbikok, les populations sont constituées d’allogènes et d’autochtones qui sont les principaux vendeurs de terrain. On y retrouve ainsi, la Bamiléké, les Bassas, les Bétis, les Douala, les Haoussa et quelques expatriés. Toutes ces ethnies s’organisent pour vivre de façon harmonieuse dans le quartier. Etant donné que : « Le quartier est grand et à chaque niveau, on connait des problèmes spécifiques, les populations des différents zones s’organisent en fonction de leurs besoins »1.

A Melen 6, les populations s’organisent pour venir à bout des ravages des inondations et mènent une lutte contre les dépotoirs anarchiques de déchets ménagers. Par contre à Nkolbikok II, les populations s’efforcent à mettre sur pied des stratégies d’autodéfense en y instaurant des comités de vigilance car, le quartier est un foyer de l’insécurité. Dans les trois autres quartiers (Melen 7A, Melen 7B et Melen 9) les populations, du fait de leur proximité, vivent en voisin et connaissent à quelques nuances près les mêmes problèmes. Ici, les populations s’efforcent à la hauteur de leurs forces à venir à bout d’un certain nombre de problèmes. Il s’agit de la prostitution, de l’absence des routes, de l’évacuation des déchets, de l’incivisme et du grand banditisme.

Les habitants du quartier en cas de problème, se réfèrent de ce fait aux différents chefs de quartiers ou de blocs selon l’ampleur du litige. Les conflits entre voisins sont dus au non-respect des limites foncières, au dépôt des ordures chez le voisin sans son accord. De même la transformation des maisons d’habitation en églises de réveil à cause du vacarme que cela produit, constitue aussi un chef d’accusation.

Il apparait que la proximité spatiale engendre la proximité sociale. En effet, les voisins sont appelés à interagir par rapport aux différentes préoccupations qui affectent leur cadre de vie. Le fait de résider dans le quartier implique aussi de discuter avec ses voisins du cadre de vie en vue de son amélioration.

En tant qu’individu, les habitants collaborent dans le souci de vivre harmonieusement dans le quartier. Pourtant entre les différentes couches sociales du quartier, il n’ y a pas toujours cohabitations.

A Nkolbikok, les populations de même niveau social collaborent entre elles. Ainsi, celles des populations qui éprouvent le plus de difficultés collaborent avec leurs voisins immédiats qui ont manifestement le même statut social. Ainsi, les personnes d’un rang social élevé préfèrent se recroqueviller sur elles-mêmes pour des raisons qui leurs sont propres.

Dans l’histoire sociale du quartier, la gestion foncière constitue un chapitre important. Les relations entre les autochtones et allogènes sont frappées du sceau de la frustration. Face aux problèmes de terrain opposant les vendeurs aux acheteurs, les chefs défendent généralement les intérêts des vendeurs. Une telle attitude, loin de résoudre les problèmes liés à l’obtention des titres fonciers, accentuent les frustrations chez les populations qui n’ont pas de titre foncier.

Après l’évocation du climat social qui prévaut à Nkolbikok, il est urgent de préciser à quelles conditions les habitants de ce quartier peuvent participer activement au PPAB.

      1. La mobilisation des populations

La mobilisation des populations par rapport à la restructuration du quartier, nécessite une attention particulière. Il est question de lever les craintes des populations au sujet du PPAB. De façon précise, les populations sont inquiètes par rapport au tracé et aux emprises des voies qui pourraient endommager partiellement ou totalement certaines habitations. Le quartier est habité par une forte population de veuves, et celles-ci sont embarrassées : « Comme la route va passer, on ne sait pas comment on va faire avec les enfants ? Où on va aller ?2 ».

De même, parmi les populations certaines ont le titre foncier, d’autres n’en ont pas. Les populations aimeraient savoir avec exactitude le sort qui sera réservé aux habitants qui n’ont pas de titre foncier. Pour les populations, le PPAB reste encore un rêve puisque ses effets ne sont pas encore perceptibles sur le terrain. Par rapport à sa grandeur, son ampleur, les populations sont inquiètes au sujet de sa réalisation. Certains pensent même qu’ils pourraient y avoir des détournements : « On se dit que, une fois que l’argent sera libéré, les gens vont le dévaliser et tout laisser tomber3 ».

Par ailleurs, les habitants aimeraient être informés sur les délais effectifs de réalisation des travaux. De ce fait, les populations estiment que : « Les gens doivent être informés de ce qui se fait ou ne se fait pas. Les chefs doivent pour cela faire un travail de proximité4 ».

L’information des populations du quartier va garantir la participation réelle des habitants au projet. Toutefois, pour assurer une participation des habitants aux affaires du quartier, la mise sur pied d’un comité de résidents s’avère important.

      1. La place du comité de résidents

Les populations estiment que le comité de résidents est une initiative salutaire. Pour ces derniers, ce n’est pas normal de faire un projet sans impliquer les individus concernés. En tant qu’observateur participant de la vie du quartier, les populations affirment maîtriser ceux qui peuvent siégés au comité de résidents. Néanmoins, d’autres habitants estiment plutôt que, les habitants ne se connaissent pas, aussi une tribune pour le faire. En termes, de représentativité, les populations souhaitent y retrouver : les jeunes, les femmes, les hommes, les veuves, les handicapés, les promoteurs et employés du secteur informel. Pour certains, habitants, la tutelle du chef de quartier et son corollaire ne doivent pas être mêlé au comité de résidents pour un souci d’objectivité.

De même, les individus choisis doivent rendre compte et dire aux habitants ce qui se passe véritablement dans la zone. Pour y parvenir, le comité de résidents doit se doter d’un mécanisme de suivi à même de rendre compte de ce qui s’est fait dans le cadre du PPAB selon des échéances bien précises. Des rencontres hebdomadaires devraient se tenir chaque semaine pour rendre aux habitants sur les plans technique et financier de manière à ce que chaque habitant du quartier sache comment les fonds alloués au projet sont utilisés.

mercredi 01 avril | Écrit par admin | Pas de commentaires